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Park Hyatt Tokyo: Rencontre avec Philippe Roux-Dessarps

L’ascenseur s’arrête au 52ième étage,

où se situe le New York Bar : oui, l’élégant bar du fameux “Lost of Translation” de Sofia Coppola (photos 1 et 2).

Ambiance jazzy, hypontique et fascinant panorama d’un Tokyo infini vu du ciel, sensation irréelle. Pénombre réhaussée d’éclairages indirects. Souriante, une jolie serveuse me guide. 

J’ai rendez-vous avec Philippe Roux-Dessarps, le très actif directeur général du Park Haytt Tokyo qui occupe 14 étages de la Shinjiku Park Tower (dernière photo), conçue par l’incontournable Kenzo Tange, père de l’architecture moderne japonaise.

– Chaque jour, je demande à mon équipe: comment avez-vous surpris un client aujourd’hui?

Nous avons une clientèle variée (à 50% une clientèle de loisir) et beaucoup d’habitués qui recherchent une certaine atmosphère et apprécient le côté intime du lieu.

– A quoi attribuez-vous le fait qu’on s’y sent comme dans un cocon?
 
– L’humilité du personnel. Nous avons peu de chambres, 178 chambres, ce qui selon les standards asiatiques, en fait un hôtel intime. Nous n’avons pas une ambiance bureau. Le design intemporel aussi : le Park Hyatt Tokyo est un hôtel établi depuis 16 ans. John Morford a conçu tous les intérieurs, de manière à ce qu’on s’y sente comme dans un élégant chez soi.
 
– Objectif plutôt atteint non! Quel est votre prochain challenge?
 

 – Continuer de rester ouvert aussi aux nouvelles générations, rester moderne sans tomber dans du gadget!

Voici en images, mes espaces préférés :

Au 40ième étage, le restaurant Kozue pour sa  superbe vue sur Fuji San et sa délicieuse cuisine japonaise aux ingrédients de saison (photo 3). Coup de foudre pour les sublimissimes plats en céramique artisanale venus de tout le Japon : comble du raffinement “à la japonaise”, un pur plaisir!

Ambiance apaisante dans la bibliothèque aux 2000 volumes sur l’art, l’histoire, la culture et des dictionnaires. Où la lumière est un peu magique en fin d’après-midi, lorsque le soleil disparaît derrière Fuji San (photos ci-dessus & ci-dessous).

 

Dans les douillets couloirs

qui mènent au chambres, au spa et à la piscine, sur les murs, des reproductions de dessins de Fellini (photos ci-dessus et ci-dessous).
 

 

Au 47ième étage, la piscine de 20 mètres de long

Enfin une piscine d’hôtel où l’on peut vraiment nager…  en surplombant Tokyo, dans une douce lumière naturelle le matin : euphorisant! 

Au Spa, on reste des heures, entre les bassins d’eau chaude à remous et d’eau gelée, douches multi-jets, saunas et salles de massage, de relaxation, avec en arrière-plan la vue panoramique…

Chaque détail est soigneusement pensé : des excellents produits de soins australiens ASEOP, aux  rasoirs dans les douches, pour une petite retouche au pays de la perfection perfectible.

Informations 

www.park.hyatt.com

Un grand merci à Philippe Roux-Dessarps.

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Interview de Christiane Thiry, rédactrice en chef de La Libre Essentielle et de son équipe

– J’ai créé la Libre Essentielle de toute pièce. Du choix des sujets au choix des photos, je suis tout autant visuelle que littéraire. Le rapport texte image est fondamental, ça m’interpelle depuis que je suis née. Je suis très éclectique, très curieuse et je m’ennuie sinon. C’est mon côté verseau, j’adore fouiner, explorer.  La transversalité est quelque chose que j’adore.

Chritiane Thiry, dynamique rédactrice en chef de la Libre Essentielle, me reçoit dans un vaste open space clair, entourée de son équipe, Hélène Rivière et Isabelle Blandiaux. J’ai découvert ce féminin, en supplément week-end de La Libre Belgique, par un numéro spécial Jean-Paul Knott dans la boutique du créateur, aux Sablons. Depuis ce numéro est devenu un collector. Regard amusé, Christiane ajoute :

– On n’a pas de frontières, on va un peu dans tous les sens. J’ai envie de tirer vers le haut, par une variété de lectures. Nous on est un petit peu le petit extra terrestre, je pense qu’à la Libre, ils ne savaient pas qui j’étais (rires).

Elle aurait aimé être architecture. Projet contrarié par ses parents, elle suivra des études littéraires. Licenciée en philologie, en linguistique et en philosophie, elle se rattape aujourd’hui en faisant de la sculpture. 

– J’ai d’abords été rédactrice en chef de magazines pour enfants de 2 ans à 8 ans, pendant six ans. Ce qui m’a permis de rencontrer beaucoup d’illustrateurs, j’ai adoré. On a vraiment des perles, comme Kikie Crêvecœur.

Le premier numéro est paru il y a onze ans. Christiane m’illustre son propos en m’indiquant divers numéros éparpillés sur la table. L’évolution du titre au fil des ans :

– La libre Essentielle s’adresse à un lectorat très exigeant, très cultivé. Nous avons une autre approche de la femme, plus complexe, plus décalée, très culturelle. Oui, parce que la féminité ne se limite pas à des catégories dites féminines. Féministe : je ne suis pas militante, j’ai le plus grand respect pour la femme. Je ne veux pas m’enfermer dans un magazine de mode. Etre femme aujourd’hui c’est avant tout être curieuse de tout. Je veille à la mixité dans mon équipe, je suis vigilante. La colonne vertébrale de chaque numéro est le dossier société qui traite de la femme dans son environnement. La vie est un mix. Le magazine doit être le miroir de ce qui se passe, avec un filtre intelligent et une mise en perspective. Des personnes qui font bouger les choses. Des personnes qui ont une vision. Difficile à valoriser en période de crise. Sans oublier une carte blanche à la jeune génération.

La Libre Essentielle est partenaire presse de La Cambre depuis dix ans :

– La mode belge est poly-tendance : ce sont des univers tout à fait différents qui doivent se construire. Une mode plus créative que commerciale. Des cambriens, il y en a partout : Arnaud Michaux chez Lanvin, Anthony Vaccarello ex Fendi, Mansour, Laurent Edmond chez Margiela, Caroline Herniaux, une des grosses pointures.

Cinq belges qui vous viennent à l’esprit là tout de suite :

– On a un terroir absolument fabuleux, je n’aime pas choisir.  (J’insiste) Michèle Noiret, chorégraphe belge qui travaille la notation gestuelle de la musique. Une femme qui est belle. J’adore Jean-Paul Knott et Margiela aussi. Caroline Herniaux, dans la veine de l’école Margiela. L’Atelier A1, parmi dix mille autres. Alain Hubert et sa fondation polaire.

Bruxelles ? Une adresse ?

– C’est une ville que j’adore, très cahotique, tout est possible. Avec ce côté curieux, mobile et dérisoire. C’est difficile de s’installer à Bruxelles, ces problèmes communautaires m’irritent. Petite ville intimiste aux 20, 30, 50 petits mondes accessibles. Un lieu : le Grand Hornu, c’est très beau.

Ces mains (photo ci-dessus) sont celles d’Hélène Rivière, secrétaire de rédaction et céramiste de talent. Arrivée à Libre Essentielle deux mois après Christiane, elles forment un tandem inséparable :

– C’est un magazine à l’image de la femme belge telle qu’elle est vraiment. Ouvrir des portes, faire découvrir des personnes dans notre pays, au travers d’un regard féminin, plus ouvert. On joue avec l’émotion de la rencontre, nous sommes très concernées par les sujets de société. La femme peut faire plein de choses en même temps contrairement à l’homme. Elle a plein de centres d’intérêt très larges.

Depuis neuf ans, Hélène prend “plaisir à toucher la terre“, décrivant sa prochaine expo à Brugghe fin Avril :

– Ce n’est pas de l’utilitaire. Mais des objets à forte référence organique. Pour le moment je suis dans l’obsession de la spirale. La céramique contemporaine sort des arts appliqués et commence à être de l’art.

Hélène voit en ses deux métiers :

– Deux univers comptatibles cohérents qui se renforcent l’un l’autre. Une approche de la beauté. 

Un des lieux bruxellois de  cette “citadine pure et dure” :

La Monnaie qui a une aura internationale. Son côté cosmopolite, on y entend parler toutes les langues. De là est née l’indépendance de la Belgique.

Isabelle Blondiaux est journaliste mode, beauté, lifestyle et culture,  à la Libre Essentielle depuis cinq ans. Elle aime  “tenter des portraits plus intimistes de personnalités que l’on connaît déjà”, parler de la vie des femmes, de création et :

– La mode surtout, parce qu’on l’aborde d’un point de vue de la création. Cathy Pill, dont les imprimés partent de photocopies qui peuvent paraîtrent insignifintes. C’est faire avec rien, c’est une forme de liberté. Jean-Paul Knott : une espèce de simplicité au final, alors que c’est très compliqué. Isabelle Lenfant, des bijoux comme une prolongation du corps (sa bague pansement), un travail sur la protection, avec un aspect poétique. Pour dire aussi qui l’on est. Natalia Brilli, vendue chez Maria Luisa (Paris), recouvre tout de cuir, une technique qu’elle a mis du temps à mettre au point. Je trouve fantastiques ses vanités. Anthony Vaccarello : des robes avec un jeu de transparence, d’opacité et métal, un fantastique travail sur le cuir et un côté scuptural. C’est important de soutenir les talents émergeants, ils risquent de se décourager. Pour grandir, il faut s’exporter : la notoriété renvoyée par un jeu de ping-pong avec la France. 

Bruxelles ?

– Ce n’est pas une ville qui se découvre facilement. De taille plus humaine que Paris, on part du centre, on fait 15 kilomètres et on est dans la forêt. Ce qui est chouette c’est qu’il y a plein de quartiers… mal desservis. 

Un lieu : Le Fin de siècle, un chouette restaurant dans le centre.

Un grand merci à Christiane Thiry, Hélène Rivière et Isabelle Blandiaux.

Autres articles : 

Jean-Paul Knott à Bruxelles: La soirée des 10 ans, l’expo

Bruxelles, Belgique: Les Sablons 

INTERVIEWS

 

Brussels, Belgium: Café Belga

Here few pictures of a Brussels night and day must : the café Belga, Place Flagey. Moby played live there two years ago. Don’t forget the “Jazz on Sunday” concerts. Bonus pictures of the ponds under the snow (few weeks ago!) seen from the big windows of the Belga. Happy spring!

Place Eugène Flagey 18, 1050 Brussels

City guide Brussels :  DESTINATIONS